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Le Centre Orthodoxe

LE CENTRE ORTHODOXE

(Makarios, Évêque de Lampsaque)


    Le Centre Orthodoxe du Patriarcat Œcuménique à Chambésy-Genève a été créé en 1966 par décision du bienheureux patriarche Athénagoras 1er et du Saint-Synode du Patriarcat. L’Acte de fondation (juin 1966) définit clairement les buts du Centre, destiné principalement à soutenir la mission incombant à l’Église Mère de promouvoir les relations interorthodoxes et interecclésiales. Cette mission, qui répondait aussi aux sentiments généraux du monde chrétien, a été inaugurée par les fameuses Encycliques diffusées par le Patriarcat en 1902, 1904 et 1920. Elle a porté des fruits tant avec la participation officielle de l’Église orthodoxe au Mouvement œcuménique qu’avec la réunion des Conférences panorthodoxes (1961-1968).

    Durant cette période, on a davantage pris conscience de la nécessité de créer un Centre patriarcal à Genève, siège du Conseil Œcuménique des Églises et du Mouvement œcuménique pour l’unité des chrétiens. Les grands bienfaiteurs, Georges et Katingo Lémos, Homère Pisanis et Théodore Lagonikos, d’heureuse mémoire, ont soutenu avec enthousiasme l’idée d’acquérir le premier noyau du Centre. Celui-ci a été agrandi grâce à saint Paul l’Apôtre des Nations, et des nouveaux bâtiments. Cette entreprise a bénéficié du soutien des bienfaiteurs Georges et Katingo Lémos et des pieux héritiers de la famille; d’éminents représentants de l’Église évangélique, l’évêque Hernann Kunst et de Dr Adolf Wischmann, et de l’Église catholique romaine, le Cardinal Joseph Höffner archevêque de Cologne; du Grand Référendaire du Patriarcat Atef Danial – tous d’heureuse mémoire et proclamés grands bienfaiteurs du Centre orthodoxe – ainsi que de plusieurs donateurs, connus et anonymes.

    Par Lettre patriarcale et synodale scellée, le Centre avec ses anciennes installations et ses nouveaux bâtiments achevés en 1975, a été proclamé stavropégie patriarcale de l’Église Mère. Il a cependant aussi «pour but de servir notre saine Église orthodoxe, catholique et apostolique, et toute la chrétienté de la terre ... tout particulièrement développer une pépinière théologique et scientifique à orientation œcuménique…». Dans ces cadres établis par le Tome de fondation (1966) et précisés par la Lettre scellée (1975), le Centre a poursuivi ces buts, mais a aussi engagé un nombre d’activités interorthodoxes et interecclésiales.

    Dans ce sens, le Centre existe, se développe et fonctionne conformément à son identité ecclésiale de stavropégie patriarcale, d’une part, de tribune orthodoxe de dialogue œcuménique pour l’unité des chrétiens, d’autre part. Le choix de la ville de Genève, siège des organisations internationales et intereccléciales vouées au dialogue œcuménique, s’est avéré important non seulement à sa consécration immédiate, mais aussi à son rayonnement œcuménique. Le fait de se trouver dans la ville, qui avait été choisie pour être le siège du Conseil Œcuménique des Églises et de la Conférence des Églises Européennes, a stimulé ceux qui voulaient connaître l’orthodoxie et permis de développer une série de contacts planifiés à presque tous le niveaux de vie ecclésiale. Le directeur et les cadres du Centre sont souvent invités à des manifestations œcuméniques ou à des congrès théologiques, organisés par des groupes de visiteurs, venus des Église occidentales. Ces échanges ont dépassé les expectatives et consolidé la présence du Centre dans la chrétienté occidentale.

    Dès lors, dans sa structure et son fonctionnement internes, le Centre diffuse en Occident l’image contemporaine de l’orthodoxie à travers le fonctionnement constructif des relations interorthodoxes et la marche vers le saint et grand Concile. En tant que stavropégie patriarcale, il fait continuellement l’expérience du culte divin, ce trésor inépuisable, dans le cycle journalier, hebdomadaire et annuel des offices sacrés et des fêtes. La célébration quotidienne des matines et des vêpres culmine, les dimanches et les jours de grandes fêtes, avec la divine liturgie que les communautés orthodoxes de Genève – grecque, francophone, arabe et roumaine – célèbrent en l’église et les chapelles du Centre. En effet, le culte divin est un ressourcement spirituel pour les cadres travaillant au Centre et une prière continue pour renforcer l’unité de l’orthodoxie et pour rétablir l’unité de la chrétienté autour de l’Autel du Seigneur. L’exhortation du bienheureux patriarche Dimitrios 1er , lors de la consécration de l’église Saint-Paul (1975), accompagnée du don d’une calice, illustre cet esprit de l’Église Mère: «Que ce calice de rédemption soit le centre du Centre, démontrant qu’autour de lui gravite et qu’à lui aboutit toute la vie quotidienne, l’ensemble de la vie du Centre patriarcal et stavropégiaque…»

    Pour le Centre et ses fonctions variées, l’expérience liturgique est une source d’inspiration et un point de référence à la spiritualité orthodoxe. Cette mission consiste en un grand nombre d’activités établies, destinées à apporter le meilleur soutien possible aux relations interorthodoxes et interecclésiales: Soutenir les Dialogues théologiques officiels, bilatéraux et multilatéraux, de l’orthodoxie avec les autres chrétiens. Faire fonctionner efficacement le Secrétariat pour la préparation du saint et grand Concile. Réunir régulièrement des Congrès et des Séminaires théologiques internationaux. Faire fonctionner l’Institut d’Études Supérieures en Théologie Orthodoxe. Prendre l’initiative de Dialogues académiques interreligieux avec le judaïsme et l’islam. Illustrer les activités par des éditions théologiques périodiques ou isolées et, généralement, participer à toute initiative de dialogue œcuménique pour l’unité des chrétiens:

    a)Accueillir et faciliter les réunions des Commissions mixtes, désignées pour mener les dialogues théologiques de l’orthodoxie avec les Anglicans, les Vieux-catholiques, les Catholiques romains, les Luthériens, les Réformés et les Anciennes Églises Orientales préchalcédoniennes. Les relations contemporaines de l’Église orthodoxe avec les autres chrétiens sont axées sur ces dialogues, au sein desquels l’orthodoxie expose sa proposition théologique de rétablir l’unité chrétienne en renouant avec la tradition du premier millénaire, commune aux Églises. Dans ce sens, la chrétienté occidentale et orientale reconnait désormais le Centre comme un lieu et une tribune crédible où l’orthodoxie se trouve en dialogue théologique permanent avec les autres chrétiens. Dans ce contexte, le Centre met tout en œuvre non seulement pour soutenir le dialogue théologique, mais aussi pour en démontrer la nécessité. Il participe à des initiatives œcuméniques, organise des congrès interconfessionnels et il présente dans la presse occidental, quotidienne ou périodique, les propositions orthodoxes sur des questions d’actualité relatives aux relations interecclésiales ou interorthodoxes, etc.

    b) Le Secrétariat pour la préparation du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe opère conformément à la décision du Patriarcat œcuménique que les Églises orthodoxes locales ont unanimement approuvée lors de la IVe Conférence panorthodoxe (Chambésy 1968). Il a été confié au directeur du Centre orthodoxe, le futur métropolite Damaskinos de Suisse. À cet égard, le Secrétariat a été organiquement intégré aux activités établies du Centre dont il a largement déterminé la mission. Sa fonction consiste à mettre en valeur les contributions des Églises orthodoxes locales et à préparer convenablement les thèmes concernant les étapes successives préparatoires au travail du Concile. Dès lors, la réunion, le classement thématique, la traduction en grec, russe et français, et l’évaluation critique et comparative des contributions des Églises locales sur chaque thème sont devenus des tâches substantielles du Secrétariat. Ce travail est illustré dans les rapports que le chef du Secrétariat a présentés aux organes institutionnels chargés de préparer le Concile à savoir la Commission interorthodoxe préparatoire et la Conférence panorthodoxe préconciliaire. Ces instances se réunissent à l’invitation du Patriarcat œcuménique au Centre orthodoxe afin de dégager pour chaque thème le consensus sur les propositions à soumettre au saint et grand Concile. La Commission préparatoire a tenu au Centre ses réunions successives (1971, 1986, 1990, 1993, 1998) et préparé les projets de documents de consensus sur les thèmes figurant à l’agenda du Concile. Ces documents ont été transmis à la Conférence préconciliaire (1976, 1982, 1986) dont la tâche consiste à formuler les propositions unanimes à soumettre au Concile. Les Églises orthodoxes et les autres Églises chrétiennes ont déjà complimenté le Centre pour la constance et la qualité de son travail, et reconnu sa contribution à la préparation du Concile. Le Secrétariat ne s’est pas contenté de mettre en valeur les contributions des Églises locales portant sur l’agenda du Concile. À l’initiative du Patriarcat œcuménique, le Secrétariat a élargi sa contribution, en réalisant des Congrès internationaux, scientifiques ou interorthodoxes, spécialement réunis pour examiner plus systématiquement certaines de ces questions. Citons le congrès international sur la Célébration commune de Pâques (1977), la commission internationale d’astronomes pour aborder scientifiquement la Question du calendrier (1979), la commission interorthodoxes de canonistes, chargée d’élaborer un projet de Règlement des Assemblées épiscopales dans la Diaspora orthodoxe (1995), le congrès interorthodoxe sur la Place de la femme dans l’Église orthodoxe (Rhodes, 1988), le congrès scientifique international sur la Biotechnologie et la Bioéthique (2002), etc. Parallèlement, le chef du Secrétariat et d’autres éminents théologiens ont analysé les thèmes à ordre du jour du Concile dans des revues théologique internationales. D’ailleurs, certains de ces thèmes ont fait l’objet de séminaires théologiques annuels organisés au Centre, en vue d’élargir le débat théologique sur la thématique du Concile et de satisfaire à des demandes en ce sens émanant des Églises orthodoxes et des autres Églises chrétiennes.

    c) Organiser annuellement des Séminaires théologiques internationaux, de niveau post-licence, sur des questions ecclésiales ou théologiques d’actualité ou d’intérêt général. Les séminaires ont été plus systématiquement intégrés aux activités planifiées du Centre en 1980 et duraient habituellement entre trois et cinq semaines, suivant l’ampleur de la question examinée. Les orateurs invités sont des éminents représentants des Églises orthodoxes et des autres Églises chrétiennes, des ecclésiastiques, des universitaires, des intellectuels, au sens large. Ils traitent le thème principal analysé sous ses divers aspects. Les exposés sont présentés dans l’une des langues habituelles des séminaires (l’anglais, le français, l’allemand, le grec), avec l’appui d’un service d’interprètes. Le débat théologique entre les conférenciers et les étudiants, ainsi que les conclusions générales du séminaire, sont axés sur ces exposés. Les étudiants, des licenciés en théologie, clercs ou laïcs, sont choisis selon des critères stricts et viennent tant des Églises orthodoxes que des autres Églises chrétiennes. Entre 1980 et 1986, dix-sept séminaires ont été réalisés. Leurs réussite est due au choix des thèmes et à la qualité des exposés qui ont permis et de formuler des propositions concrètes de dialogue constructif.

    Dans ce sens, les thèmes examinés, que je cite ici par ordre chronologique, sont significatifs: 1. Église locale et Église universelle (1980), 2. Importance et actualité du IIe concile œcuménique pour le monde chrétien aujourd’hui (1981), 3 : Luther et la Réforme allemande dans une perspective œcuménique (1982), 4. La théologie dans l’Église et dans le monde (1983), 5. Les dialogues hier et aujourd’hui (1984), 6. Orthodoxie et mouvement œcuménique. Contribution des Églises orthodoxes à la réalisation de l’idéal de paix (1985), 7. L’Ancien Testament dans l’ Église (1986), 8. L’icône dans la théologie et dans l’art (1987), 9. Russie. Mille ans de vie chrétienne (1988), 10. Église et État en Europe (1989), 11. Religion et Société (1990), 12. Saint Photius et l’héritage spirituel en Europe (1991), 13. Le problème écologique aujourd’hui. Perspectives d’une contribution des Églises chrétiennes pour envisager le problème (1992), 14. Le problème écologique et les Églises en Europe (1993), 15. Nationalisme et unité européenne (1994), 16. Fondamentalisme et moyens de le dépasser (1995), 17. Le service pastoral de l’Église dans le monde contemporain (1996). Publiés dans la collection «Études théologiques» dont chaque volume porte le même titre que le thème du séminaire correspondant, les exposés touchent les centres théologiques et ecclésiaux consacrés au dialogue œcuménique contemporain.

    L’Institut d’Études Supérieures en Théologie Orthodoxe, créé au Centre en 1996, répond depuis lors au besoin spécifique des séminaires théologiques, alors que l’examen systématique des questions d’actualité fait l’objet de congrès internationaux, tels ceux qui ont respectivement abordé: La relation de l’Église orthodoxe avec le Mouvement œcuménique (Université de Genève, 2001), les Encycliques patriarcales de 1902, 1904, 1920 et leur contribution à la naissance du Mouvement œcuménique (2002), l’approche orthodoxe du rapport entre la Biotechnologie et la Bioéthique (2002), etc.

    d) Les Dialogues Académiques Interreligieux de l’orthodoxie respectivement avec le judaïsme et l’islam sont dus à une initiative de pionnier du Centre. Le Patriarcat œcuménique les a encouragés, les considérant comme une importante proposition de dialogue constructif, destiné à promouvoir la coexistence pacifique des peuples et à combattre les discriminations religieuse, sociales ou autres. Par décision unanime, la IIIe Conférence panorthodoxe préconciliaire (Chambésy, 1986) a donné son aval à cette initiative qui a ouvert d’importantes perspectives de dialogue durant les dernières décennies du XXe siècle.

    En dépit des conditions adverses et des confrontations religieuses, apparues en Europe de l’Est et au Moyen Orient après la chute des régimes communistes totalitaires (questions palestinienne et bosniaque, crise du golfe Persique, etc.), les dialogues interreligieux se sont poursuivis confirmant l’idée que la coopération interreligieuse est nécessaire à la coexistence pacifique des peuples et des individus dans nos sociétés multiculturelles. En effet, les exposés et les propositions communes ont mis en évidence deux faits significatifs: Toutes les religions possèdent des valeurs communes et professent la coexistence pacifique de leurs fidèles avec les croyants des autres religions. Le fait d’utiliser ou d’impliquer la religion à des visées nationalistes, politiques, sociales ou autres, étrangères à sa mission spirituelle, entraîne des conséquences douloureuses.

    C’est cet esprit qui a présidé au choix des thèmes que les deux dialogues interreligieux ont examinés lors de leurs consultations successives, marquées par une participation de haut niveau et représentative des courants internes aux trois religions. Dans le Dialogue interreligieux avec la judaïsme, quatre consultations ont été réalisés sur les thèmes suivants:

1. La conception de la Loi dans l’Ancien et le Nouveau Testament (Lucerne, 1977),

2. Tradition et communauté dans le Judaïsme et l’Église orthodoxe (Bucarest, 1979),

3. Continuité et renouveau (Athènes, 1993),

4. La rencontre de l’orthodoxie chrétienne et du judaïsme avec le modernisme (Jérusalem, 1998).

    Dans le Dialogue interreligieux avec l’islam, neuf consultations ont été réalisées sur les thèmes suivants:

1. Autorité et religion (Chambésy, 1986),

2. Modèles de coexistence historique entre musulmans et chrétiens, et perspectives d’avenir (Amman, 1987),

3. Paix et justice (Chambésy, 1988),

4. Pluralisme religieux (Istanbul, 1989),

5. La jeunesse et les valeurs de la modération (Amman, 1993),

6. Une éducation destinée à la compréhension et à la coopération (Athènes, 1994),

7. Le système éducatif dans l’islam et le christianisme (Amman, 1996),

8. Perspectives de coopération et de participation entre musulmans et chrétiens au seuil du troisième millénaire (Istanbul, 1997),

9. Musulmans et chrétiens dans la société moderne: images de l’autre et la signification de la co-citoyenneté (Amman, 1998).

Les chefs politiques encouragent désormais la volonté de poursuivre les dialogues interreligieux pour mettre en évidence le rôle important que la religion est appelée à jouer dans la coexistence pacifique des peuples.

    e) Les éditions du Centre Orthodoxe, en plusieurs langues, périodiques ou isolées, appuient les activités établies dans une perspective interorthodoxe, intereccléciale et interreligieuse. Elles jouissent désormais de la consécration du monde chrétien qui les considère comme une source indispensable sur le témoignage et la présence de l’orthodoxie dans le monde d’aujourd’hui. Parmi des activités éditrices du Centre, citons:

  • EPISKEPSIS: Bulletin d’information, bimensuel au début, mensuel, ces dix dernières années, publié en grec et en français. Il renseigne sur des initiatives majeures de dialogue, ecclésiales et théologiques, prises dans le domaine des relations interorthodoxes et intereccléciales. Principalement destiné aux instances ecclésiastiques et théologiques orthodoxes et chrétiennes, il est reconnu comme source de référence à l’orthodoxie et aux rapports de celle-ci avec les autres chrétiens. Ce qui explique aussi son effort constant d’assurer à la matière fournie son caractère purement informatif et objectif.

  • SYNODICA: Collection périodique en plusieurs langues. Y sont publiés les procès-verbaux et les propositions de la Commission préparatoire et des Conférences préconciliaires, dans la procédure de préparation du Concile, ainsi que les initiatives prises, dans ce but, par le Secrétariat. C’est la principale source d’information sur la marche de l’orthodoxie vers le saint et grand Concile. Huit volumes ont paru, d’autres sont en préparation pour compléter la publication des Actes des instances préconciliaires que le Concile utilisera ou intégrera dans son travail.

  • ÉTUDES THÉOLOGIQUES: Collection théologique en plusieurs langues. Y sont publiés les exposés et les propositions des orateurs invités aux Séminaires théologiques annuels que le Centre a réalisés entre 1980 et 1996. Chaque volume de la collection porte le même titre que le thème principal du séminaire correspondant. Les douze premiers volumes ont paru et les autres sont en préparation. Honorée d’un Prix spécial de l’Académie d’Athènes, cette collection a un grand retentissement dû à l’intérêt que l’Occident porte à l’orthodoxie, ainsi qu’à la qualité des exposés et des propositions, présentés au cours des séminaires, sur des questions d’actualité concernant l’homme et le monde.

  • ANALECTA CHAMBESIANA: Collection scientifique en plusieurs langues, destinées aux études théologiques émanant de l’Institut d’Études Supérieures en Théologie Orthodoxe. En cinq ans, trois ouvrages ont paru, alors que deux autres sont en préparation.

  • LE PATRIARCAT ŒCUMÉNIQUE: Ouvrage illustré de qualité, publié respectivement en grec, anglais et français. Il est destiné à mettre en relief le témoignage diachronique de Siège œcuménique, ainsi que sa mission actuelle dans l’Église orthodoxe et la chrétienté.

  • Citons enfin, le soutien apporté à des revues ecclésiales et théologiques (UNA SANCTA, PERSPECTIVE ORTHODOXE, etc.), ainsi qu’un grand nombre d’études et d’articles que le métropolite Damaskinos de Suisse a publiés pour présenter, en sa qualité de directeur, les activités du Centre et le témoignage actuel de l’orthodoxie.

    Le Centre Orthodoxe est considéré comme une tribune crédible de dialogue œcuménique entre l’orthodoxie et les autres chrétiens. Son rayonnement est dû au fait que son rôle institutionnel, consistant à renforcer les relations interorthodoxes, jouit de la reconnaissance panorthodoxe; au fait aussi qu’il apporte son soutien aux initiatives lancées pour promouvoir les relations intereccléciales. Dans ce contexte, son premier directeur, Damaskinos Papandréou, métropolite de Tranoupolis et, à partir de 1982, métropolite de Suisse, a apporté sa contribution inspirée et déterminante. Tant les nouveaux bâtiments et installations qui entourent l’église Saint-Paul que le développement continu des activités interorthodoxes et interecclésiales ont placé le Centre dans la conscience de la chrétienté comme un pont permettant à l’orthodoxie de communiquer avec les autres Églises chrétiennes.

    En effet, le Centre opère comme une fenêtre de l’Orient ouverte sur l’Occident, qualificatif amplement mérité, et vice-versa. À l’occasion de sa visité au Centre (12 juin 1984), le Pape Jean-Paul II a exalté le travail accompli et les perspectives ouvertes au dialogue œcuménique contemporain pour l’unité chrétienne. Dans son allocution, il dit: «Ce Centre orthodoxe du Patriarcat œcuménique, par ses diverses activités, assure un service fraternel en faveur de toutes les Églises orthodoxes et favorise une meilleure connaissance entre l’Orient et l’Occident. Cette connaissance réciproque est encore à approfondir et à purifier de tout préjugé ou jugement erroné, pour la vérité nous rende libres. Dans ce but, des colloques se tiennent régulièrement ici pour préparer une nouvelle génération formée dans le dialogue et par le dialogue…»

    Les Primats des Églises orthodoxes et des autres Églises chrétiennes, visiteurs ou hôtes du Centre, ont aussi fait des commentaires élogieux sur le travail que celui-ci accomplit. Ils ont souligné sa mission, significative à maints égards, en pleine période de confusion face aux perspectives du Mouvement œcuménique. Certes, les visites des Primats et de délégations officielles des Églises chrétiennes font partie des activités interorthodoxes et interecclisiales assignées au Centre, encourageant celui-ci à accomplir efficacement sa mission. En effet, comme le Patriarche Ignace IV d’Antioche le remarque pertinemment, le Centre orthodoxe «se trouve à la racine des relations officielles des Églises orthodoxes». Se référant à la contribution panorthodoxe du Centre, le Patriarche Justin de Roumanie souligne :«Nous sommes ici chez nous…». Les Primats des Églises orthodoxes et des autres Églises chrétiennes ont utilisé des termes analogues pour qualifier la contribution du Centre.

    Jouissant d’un rayonnement panorthodoxe et interecclésial, le Centre sert la mission œcuménique multiple et variée du Patriarcat et le témoignage crédible de l’orthodoxie dans le monde contemporain. Ce rayonnement est renforcé par les visites officielles de chefs d’État et d’autres personnalités politiques, chrétiens et non chrétiens, qui reconnaissent la rôle important que la religion joue dans la coexistence pacifique des peuples et des individus vivant au sein de nos sociétés multiculturelles. Dans ce sens, à titre d’exemple, je cite Constantin Tsatsos, ancien président de la République de Grèce et membre de l’Académie d’Athènes qui, a l’occasion de sa visite officielle au Centre, constata à propos du travail accompli: «Je suis persuadé que cet établissement, de par sa création et sa présence, constitue une grande affirmation de l’orthodoxie, une grande force dont –me semble-t-il nous n’avons pas entièrement compris la signification en Grèce. Moi, je la comprends et tâcherai- dans la mesure de mes moyens- de la faire comprendre aux autres. Car l’œuvre que vous accomplissez n’est pas seulement conforme aux principes suprêmes de l’orthodoxie, mais répond aussi aux impératifs des temps…»

    En tant que stavropégie patriarcale, le Centre orthodoxe est manifestement une extension institutionnelle du Siège œcuménique en Europe occidentale, mais aussi un organe d’état-major de sa mission œcuménique en matière de relations interorthodoxes et intereccléciales. Les termes, utilisés par son Directeur à l’occasion du vingtième anniversaire du Centre (1966-1986), sont significatifs: «Dans l’accomplissement de sa mission historique, le Trône œcuménique ressemble à un arbre séculaire fruitier car, comme celui-ci, il ne se nourrit pas de ses propres fruits. Ses institutions, vouées à ce ministère spirituel et sacré, suivent le modèle et ne se nourrissent pas des fruits qu’elles produisent. Grâce à ses multiples activités dans le domaine orthodoxe et interecclésial, le Centre est associé à cette mission œcuménique de l’Église Mère. Il fonctionne en harmonie avec le Siège de Constantinople comme les cordes d’une cithare selon la formule imagée d’Ignace d’Antioche. Seule une corde de cithare bien accordée produit un son harmonieux. De même notre institution, accordée avec la mission de l’Église Mère, compose, par ses multiples activités spirituelles, un chant harmonieux de contribution à l’unité et à la mission œcuménique que l’orthodoxie assume dans le chrétienté divisée d’aujourd’hui…».

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* Makarios, Évêque de Lampsaque, Le Centre Orthodoxe
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dans EPIMELIA S.A. (éd.), «Centre Orthodoxe du Patriarcat Œcuménique - Chambésy Genève. 35 ans au service de l'Église et de la Théologie Œcuménique», Epimelia S.A., Athènes 2003, p.