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Le Patriarcat Œcuménique


Le grand historien de l'Eglise ancienne, Eusèbe de Césarée, note que l'apôtre André, frère de Pierre et "premier appelé", évangélisa les rives européennes du Pont-Euxin (c'est-à-dire de la Mer Noire). C'est lui qui selon une tradition symbolique, aurait fondé l'église de Byzance. Saint Jean Chrysostome qui fut, au début du 5ème siècle, archevêque de Constantinople, célèbre en celle-ci "la ville des apôtres", ajoutant : "voilà ce que fait celle qui reçut un tel fondateur". Le prestige de la cité cependant survint avec la transformation de Byzance en Constantinople, la ville de l'empereur Constantin qui fixa dans cette "nouvelle Rome" la capitale de l'empire. L'inauguration officielle eut lieu le 11 mai 330. Un des successeurs de Constantin, Théodose, qui assura la victoire de la foi de Nicée et permit la réunion du deuxième Concile Œcuménique, fixa définitivement sa résidence à Constantinople, déjà dotée de toutes les institutions civiles de l'ancienne Rome. L'évêque de la capitale détenait alors de fait une autorité exceptionnelle. Le 3ème Canon du Concile de 381 affirma que cet "évêque doit avoir un honneur privilégié après l'évêque de Rome, parce que cette ville est une nouvelle Rome". Autorité morale sans limites géographiques, de même qu'il n'y en avait pas à celle de l'ancienne Rome. Constantinople n'était-elle pas, comme l'écrivait saint Grégoire de Nazianze, qui vint y prêcher contre les ariens le mystère trinitaire et fut un moment son archevêque, "la première ville après la première de toutes" ? C'est au 9ème siècle que le Patriarcat envoie les saints Cyrille et Méthode évangéliser les slaves (d'où l'alphabet cyrillique).En 1054, le schisme est consommé pour des raisons théologiques (adjonction du Filioque dans le Credo latin) mais aussi politique : les croisades sont la première conséquence de cette séparation (1204 prise de Constantinople par les croisés et destruction du Patriarcat). Pendant 57 ans, le Patriarche déplace son siège à Nicée.En 1453, Constantinople est prise par les Turcs. Sous Mahomet II tous les chrétiens de l'Empire Ottoman sont considérés comme une nation.Le Patriarche est investi, en plus de son autorité spirituelle, du titre d'Ethnarque, responsable de tous les chrétiens devant la "Porte sublime".Aujourd'hui, malgré la laïcité (1922), le Patriarcat vit, en Turquie, une situation relativement précaire et ce qui reste de l'Orthodoxie, après conflits et génocides, y est souvent menacé.Selon le traité de Lausanne de 1923, Ankara et Athènes disposent d'un droit de veto lors de l'élection des chefs de leur minorité religieuse respective. Ainsi, l'élection du Patriarche est soumise à l'approbation de l'état turc.La difficulté de compréhension vient du fait que le successeur de l'Apôtre André n'est pas seulement le responsable de la minorité orthodoxe de Turquie (quatre à cinq mille descendants des byzantins), il est avant tout le Premier Patriarche de toute l'Orthodoxie.Ce rôle supranational, indiscutable pour deux cent cinquante millions d'orthodoxes de par le monde, n'a pas toujours été bien admis par le gouvernement turc. Heureusement, un changement significatif a été enregistré depuis l'élection de Sa Sainteté le patriarche Bartholomaios 1er.Les choix politiques de la Turquie sont souvent contestés par l'Europe. Pourtant la Turquie présente un visage européen, elle occupe, en raison de sa réalité géographique, une position clef. Depuis les récents bouleversements en Europe centrale et au Moyen-Orient, Istanbul retrouve, plus que jamais, sa vocation de carrefour entre Orient et Occident.

Sa Sainteté le Patriarche Oecuménique Bartholomaios


Notice biographique du Patriarche œcuménique Bartholomaios 1er

Sa Sainteté le Patriarche œcuménique Bartholomaios 1er – Dimitrios dans le monde – est né à Imbros le 29 février 1940. Il est le fils de Christos et de Meropi Archontonis. Après sa scolarité primaire et secondaire à Imbros et à Istanbul, il a poursuivi ses études à la fameuse Faculté théologique de Halki et obtenu sa licence en 1961. Aussitôt après il a été ordonné diacre, le 13 août 1961, et a pris le nom ecclésiastique Bartholomaios. Entre 1961 et 1963, il a fait son service militaire dans l’armée turque comme officier de réserve.
Entre 1963 et 1968, comme boursier du Patriarcat œcuménique, il a suivi une formation post-licence à l’Institut d’Études Orientales de Rome, à l’Institut Œcuménique de Bossey et à l’Université de Munich, spécialisé en droit canonique. Il a obtenu le grade de docteur en théologie de l’Institut de Rome (Université grégorienne) avec une thèse de doctorat intitulée : « De la codification des saints canons et des ordonnances canoniques dans l’Église orthodoxe ».
Rentré à Istanbul en 1968, il a été nommé assistant du recteur de la Faculté théologique de Halki et, en 1969, ordonné prêtre. Six mois après, le Patriarche Athénagoras lui a décerné l’office d’archimandrite.
Après son élection en 1972, le Patriarche œcuménique Dimitrios 1er a créé le Bureau patriarcal privé et en a désigné directeur le jeune archimandrite qui, l’année suivante (Noël 1973), a été promu métropolite de Philadelphie. Mgr Bartholomaios a continué de diriger ce Bureau jusqu’à sa nomination au siège métropolitain de Chalcédoine (janvier 1990).
Depuis 1974 et jusqu’à son élection au Siège œcuménique, il a été membre du Saint-Synode et a siégé dans de nombreuses commissions synodales.
À la suite du décès du métropolite Méliton, il a été élu à l’unanimité au siège vacant de Chalcédoine.
Le 22 octobre 1991, le Saint-Synode Endémoussa du Patriarcat l’a, à l’unanimité, élu Archevêque de Constantinople, Nouvelle Rome, et Patriarche œcuménique. Son intronisation a eu lieu le 2 novembre.
Hormis le grec, il parle turc, latin, italien, anglais, français et allemand.
Il a publié des articles et des études. Il a été invité à donner des conférences dans diverses villes sur des thèmes d’actualité ou de sa spécialité.
Il est membre fondateur de la Société de Droit des Églises Orientales dont il a assumé la vice-présidence durant des années. Il a été membre, durant quinze ans, et vice-président, durant huit ans, de la Commission Foi et Constitution du Conseil Œcuménique des Églises. Il a participé aux Assemblées générales du COE à Uppsala (1968), à Vancouver (1983) et à Canberra (1991). Lors de cette dernière assemblée, il est élu membre du Comité exécutif et du Comité central du COE.
Il a représenté le Patriarcat œcuménique dans plusieurs congrès interorthodoxes et panorthodoxes, dans des missions officielles auprès du gouvernement Turc, auprès d’Églises orthodoxes et non orthodoxes, dans d’autres provinces du Siège œcuménique, au Mont Athos. En 1990, il a présidé la Commission interorthodoxe préparatoire au saint et grand Concile, réunie à Chambésy pour examiner la question de la Diaspora orthodoxe.
Il est sociétaire de l’Académie orthodoxe de Crète et membre honoraire de l’Institut Pro Oriente de Vienne, ainsi que docteur honoris causa de plusieurs universités d’Europe, d’Amérique, d’Asie et d’Australie.
Aussitôt après son accession au Siège œcuménique, avec la grâce de Dieu, il a commencé son œuvre, conformément à ce qu’il avait annoncé dans son discours d’intronisation.
Ainsi, pour promouvoir l’unité et la collaboration panorthodoxe, il a réuni au Phanar ses frères les Primats des Églises orthodoxes locales qui ont diffusé un Message à l’Église et au monde, qualifié de voix unie de l’Orthodoxie (dimanche de l’Orthodoxie, 1992).
Il a reçu le prince consort Philippe, duc d’Edimbourg pour organiser à Halki, une journée consacrée à des questions de protection de l’environnement. En novembre 1993, il a rendu visite au Prince au palais de Buckingham pour imprimer un nouvel élan à leurs réflexions et leurs actions sur cette question brûlante. En même temps, il a consacré la diffusion de Messages en la matière, le 1er septembre, jour que le Patriarcat œcuménique, d’abord, l’orthodoxie tout entière ensuite, a proclamé journée de prière pour la protection de la création.
Il a présidé cinq réunions des évêques du Siège œcuménique (1992, 1994, 1998 et 2002), ainsi que l’assemblée clérico-laïque majeure (novembre 2000).
Durant son patriarcat, la hiérarchie de l’Église d’Albanie a été canoniquement constituée (1992, 1998), l’autonomie de l’Église d’Estonie a été remise en vigueur (1996) et l’Église autonome de Tchéquie et de Slovaquie a accédé à l’autocéphalie (1998).
Sur décision unanime de la présidence de l’Assemblée européenne, il a été invité à parler devant le plénum, en dépit du fait qu’il n’est pas chef d’État, comme cela est requis, mais en qualité de chef religieux (1994). Il a aussi été invité à parler à la session plénière de l’unesco (1995), au Forum économique international de Davos et en Forum 2000 à Prague (1999).
Il a présidé les célébrations à Patmos pour marquer le 1900ème anniversaire de l’Apocalypse de saint Jean, à l’occasion duquel il a réuni a) une assemblée sacrée des Primats des Églises orthodoxes qui a diffusé un Message au monde ; b) un Symposium écologique international consacré tout particulièrement à la pollution des mers, et c) un congrès scientifique international sur le Livre sacré de l’Apocalypse (septembre 1995).
Il a présidé le Saint-Synode Majeur, réuni à Sofia, pour lever le schisme interne de l’Église de Bulgarie (30 septembre – 1er octobre 1998).
Il a présidé les réunions des Primats des Églises orthodoxes, à Jérusalem, celle pour le début des célébrations marquant le deuxième millénaire de la Nativité du Seigneur (janvier 2000), et celle pour la clôture du jubilé à Constantinople et à Nicée de Bithynie (décembre 2000), qui ont diffusé des Messages au monde.
Il a participé à des congrès écologiques interreligieux au Japon et en Angleterre (1995). Il a organisé, avec M. Jacques Santer, le II Symposium écologique international sur la Mer noire (septembre 1997), avec M. Romano Prodi, le III Symposium écologique international sur la protection du Danube (octobre 1999) et le IV Symposium sur la protection de la mer Adriatique (juin 2002).
Il a aussi rendu visite officielle à toutes les Églises sœurs, à d’autres Églises et communautés chrétiennes, à des organisations interchrétiennes et internationales, à des provinces du Trône œcuménique, etc.
Il a été honoré de la médaille suprême de plusieurs États, la médaille d’or du Congrès américain, ainsi que d’autres prix internationaux pour son action écologique (New York, Oslo, Liechtenstein).
Sa fête est célébrée le 11 juin.

ŒCUMENISME

Sur le plan des relations avec Rome, le Patriarche Bartholomaios est le digne héritier du Patriarche Athénagoras, pionnier de l'œcuménisme. Il est fidèle à l'extrême ouverture d'esprit dont a fait preuve son prédécesseur Dimitrios 1er et poursuit un dialogue constructif avec l'Eglise romaine malgré les difficultés qui subsistent (la question des uniates).

ENVIRONNEMENT

Convaincu des enjeux liés à l'environnement, le Patriarche Bartholomaios organise en 1992 un colloque à Halki avec le soutien du Duc d'Edimbourg qui le reçoit, en retour, en 1993 au palais de Buckingham. Sa Sainteté Bartholomée a fixé le 1er septembre comme journée pan-orthodoxe de prière en vue de la protection de la création. En septembre 1995, il convie les principaux décideurs de notre temps à une réflexion sur l'avenir de notre écosystème à la lumière du 1900ème anniversaire de l'Ecriture de l'Apocalypse.

VOYAGES  OFFICIELS

Ses voyages officiels à l'étranger ont commencé en 1992. Dès 1993, Sa Sainteté Bartholomée est invité à Bruxelles par Jacques Delors au Conseil de l'Europe. Il y aborde notamment les conséquences de la chute du communisme dans les pays de l'Est. En 1994, il est reçu au Parlement européen de Strasbourg. Sa visite ne passe pas inaperçue dans les médias qui, par-delà le factuel, saisissent l'importance de son intervention sur les enjeux de notre temps.

HOMME DE COMMUNICATION

Monseigneur Bartholomée manie avec aisance la langue française (parmi sept autres langues). Sa vivacité d'esprit, sa jeunesse, son charisme de père spirituel, son extrême connaissance des enjeux de ce siècle, en font un interlocuteur exceptionnel.

ADRESSE DU PATRIARCAT ŒCUMENIQUE

Rum Patrikanési
34220 Fener Haliç
Istanbul Turquie
Tél : +90-212-531.96.70-6
Fax : +90-212-534.90.37

 





























































































































































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