Bulletin d'information Episkepsis
Bulletin d’information mensuel, édité en deux langues (grec et français). Les grands titres de l’actualité ecclésiastique et théologique y sont brièvement et fidèlement développés, en évitant volontairement de porter un jugement quelconque sur les faits relatés. Cette volonté constante de garder à cette publication son caractère informatif explique le rapide succès qu’elle a connu dans les milieux interorthodoxes et interconfessionnels comme source de référence fiable, même pour l’élaboration de thèses universitaires.
Bulletin d’information mensuel publié par le Centre orthodoxe du Patriarcat œcuménique,en grec et en français, 1970-2006.
Episkepsis octobre 2005 :
PATRIARCAT ŒCUMÉNIQUE
Le 13 octobre 2005, le Secrétariat du Saint-Synode du Patriarcat œcuménique a diffusé le communiqué suivant : Le Saint-Synode a tenu sa réunion ordinaire les 12 et 13 octobre 2005, sous la présidence de Sa Sainteté. Les membres du Synode ont pris connaissance des procès-verbaux des réunions précédentes et ont approuvé les questions figurant dans l’agenda sur lesquelles ils ont pris des décisions adéquates. À la fin de la dernière session, le Saint-Synode s’est réuni en l’église patriarcale Saint-Georges où s’est déroulée la procédure de vote canonique destiné à pourvoir le siège vacant de Nouvelle Zélande. Sur proposition de Sa Sainteté le Patriarche œcuménique Bartholomaios 1er, le Synode a élu à l’unanimité l’évêque Amphiloque, promu au poste de métropolite de Nouvelle Zélande.
Accompagné des métropolites Jacques de Chicago, Gennade d’Italie, Sotirios de Toronto, Irénée de Kydonia et Apokorono, et Ambroise de Karpathos et Kassos, ainsi que du troisième diacre André, Sa Sainteté le Patriarche œcuménique Bartholomaios 1er s’est rendu en avion en Césarée le vendredi 14 octobre. De là, il a gagné Prokopion (Ürgüp) pour inaugurer les travaux d’un congrès médical sur le thème« Evidence based medicine on CNS and chronic organic disorders », organisé sous les auspices du Patriarcat œcuménique. Dans son discours, le Patriarche a dit :
De prime abord on pourrait se demander quelle est la place d’un ecclésiastique dans un congrès médical. Le sacerdoce serait-il inconciliable avec la médecine ? Vous savez mieux que nous que, ne pouvant pas expliquer rationnellement les diverses maladies et la mort, leur corollaire, les hommes ont essayé depuis des temps très anciens de les expliquer métaphysiquement pour se rassurer. Ainsi, en une personne, le prêtre, ils ont mis une double qualité : intercesseur auprès de Dieu, quel qu’il fût, et médecin. Ainsi, en cas de maladie, ils faisaient appel à lui pour chasser, par des prières et des sacrifices, les mauvais esprits considérés comme la cause des maladies et de la mort. Cette pratique courante s’est maintenue aussi dans les sanctuaires d’Asclépios où se réfugiaient ceux qui souffraient de maladies corporelles et psychiques. En dormant dans des locaux spéciaux, ils attendaient que, grâce à l’invocation des prêtres, Dieu intervienne miraculeusement pour les guérir. Ce recours des malades à l’aide d’en haut était, pourrait-on dire, un acte prophétique, figurant ce qui allait suivre. Pourquoi ? Lorsque Jésus Christ notre Seigneur miséricordieux s’est incarné, comme l’évangéliste Matthieu le dit, « il chassa les esprits d’un mot et il guérit tous les malades, pour que s’accomplisse ce que le prophète Esaïe avait dit : « C’est lui qui a pris nos infirmités et s’est chargé de nos maladies » (Mt 8, 16-17). Par ailleurs, suivant l’apôtre Paul,« il est passé partout en bienfaiteur, il guérissait tous ceux que le diable tenait asservis » (Ac 10, 38). Cette double pratique curative du Seigneur a fait de lui véritablement le médecin des âmes et des corps, étant donné que l’homme, conformément à la conception anthropologique et la doctrine orthodoxe, est une unité corporelle et psychique. Dès lors, plusieurs maladies organiques, comme vous savez mieux que quiconque, ont des causes psychiques. Or, un bon état psychique contribue à la guérison ou, du moins, à l’amélioration d’un état corporel nocif, comme le tropaire de l’Église le dit : « mon corps est malade, mon âme aussi. » En suivant le modèle du Seigneur, nous les ecclésiastiques orthodoxes sommes réellement des médecins, des âmes fondamentalement. Car pour intégrer la dimension somatique de la médecine dans notre ministère sacerdotal, nous devons sûrement faire des études appropriées, comme vous-mêmes l’avez fait. Or, notre expérience de pasteurs et de confesseurs nous enseigne dans quelle mesure les deux facteurs, les deux éléments constitutifs de l’homme,l ’âme et le corps, interagissent. Elle nous enseigne aussi l’importance d’une bonne condition neurologique de l’homme à l’équilibre de sa personnalité et à l’adéquation de son comportement. Ainsi s’explique le fait que l’Église ait adopté d’emblée une attitude d’honneur et de respect vis-à-vis des médecins, en obéissant au commandement de l’Écriture Sainte : « Honore le médecin pour ses services, car lui aussi le Seigneur l’a créé » (Siracide 38, 1). D’ailleurs, il ne faut pas oublier l’existence de nombreux saints médecins très populaires à commencer par la vingtaine de saints et thaumaturges Anargyres. Il importe de même de noter que, dans le contexte de sa sollicitude pastorale, l’Église a créé de nombreux hôpitaux, disposant d’équipements et de moyens d’avant-garde, comme par exemple celui du monastère Pantocrator à Constantinople dont le règlement exemplaire a été préservé et édité. Étant aujourd’hui dans la sainte terre de Cappadoce, qui rayonne mystiquement la sainteté ascétique d’innombrables saints, nous devons évoquer l’éminent Père de l’Église, saint Basile le Grand qui, dans son action multidisciplinaire, s’est aussi voué au service des malades de la région,puisqu’il avait étudié la médecine et créé l’illustre Basiliade. C’était un ensemble d’établissements caritatifs où on guérissait la maladie et on étudiait l’infirmité, comme son ami saint Grégoire le Théologien le dit. D’ailleurs, le choix de ce lieu pour votre Congrès n’est pas fortuit, ce dont nous félicitons paternellement les organisateurs. En concluant cette brève salutation, nous ne saurions manquer de signaler, bénir et encourager le nombre croissant de vocations d’excellents et pieux médecins qui rejoignent le clergé. Cela confirme ce qu’il a été dit plus haut, à savoir le chemin commun dans lequel ecclésiastiques et médecins sont engagés, chacun dans son domaine, en servant, à l’instar du bon Samaritain, notre prochain souffrant dans son corps ou dans son âme, souvent aussi dans les deux. Nous sommes reconnaissants au comité d’organisation, l’éminent et bien-aimé professeur Kalofoutis en tête, de nous avoir fourni l’occasion de bénir le présent congrès et d’y participer avec d’autres frères hiérarques. Nous vous remercions cordialement de cet honneur fait à l’Église Mère, la sainte Grande Église du Christ, et à son patriarche. Nous prions pour le succès des travaux, le progrès de la médecine, cette science qui se soucie de l’homme et dont vous êtes les serviteurs. Elle ne connaît pas de limites géographiques, elle ne fait pas de discriminations entre races, peuples et langues, mais elle s’adresse sans distinction ni exception à l’homme créé à l’image de Dieu, comme Dieu-lui même, médecin des âmes et des corps, ne cesse de le faire. Que Sa grâce et Sa bénédiction soient toujours avec vous et vous soutiennent dans votre travail ! Le lendemain, 15 octobre, Sa Sainteté a présidé la divine liturgie célébrée en l’église Saint-Théodore à Malakope. Il a prononcé son discours aux participants au congrès, en grec et en turc, présentant aussi ses vœux aux musulmans pour le début du ramadan. Plus précisément, le Patriarche œcuménique a dit : Enfants bien-aimés en le Seigneur, Combien l’Évangile du Christ est-il humain dans sa majesté ! Et combien de messages éducatifs pouvons-nous y puiser pour notre vie, en réfléchissant sur ses idées ! Le passage évangélique d’aujourd’hui nous rappelle deux faits tirés de la vie et de l’action sur terre de notre Seigneur Jésus Christ : Un jour de sabbat, jour férié strict pour les Juifs, comme le Christ traversait des champs de blé, ses disciples qui avaient faim « arrachaient des épis, les frottaient dans leurs mains et les mangeaient », comme nous ferions en pareil cas. Le second, qui intéresse plus précisément le congrès réuni ici, est la guérison miraculeuse opérée dans la synagogue, le jour du sabbat aussi, où se trouvait un homme « qui avait une main paralysée ». Accomplis tous deux un jour férié, Scribes et Pharisiens, attachés à la lettre stricte de la loi, sont fort scandalisés. En fait, selon la remarque pertinente de l’évangéliste, ils « observaient Jésus pour voir s’il ferait une guérison le jour du sabbat, afin de trouver de quoi l’accuser ». Cependant, le Seigneur miséricordieux, Qui est venu accomplir la loi de façon charitable, réfute la prétendue fureur de ses détracteurs en leur disant : « Je vous demande s’il est permis le jour du sabbat de faire le bien ou de faire le mal, de sauver une vie ou de la perdre. » Et il ajoute : « Le sabbat a été fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat, de sorte que le Fils de l’homme est maître même du sabbat. » Dans le cas de l’homme à la main paralysée, cas présentant un intérêt purement neurologique, il intervient miraculeusement et guérit l’homme souffrant en lui disant : « Étends la main ! », sans même toucher la main malade, montrant ainsi que Sa guérison est d’un autre genre que celui pratiqué par la médecine conventionnelle, c’est-à-dire un miracle. Qu’est-ce un miracle ? Un instant où les lois physiques régissant la fonction universelle ne sont pas valables, en l’occurrence la fonction du corps humain, image en réduction de la création visible. Nous savons que, aussi prodigieuse et dotée d’extraordinaires charismes qu’elle soit, la logique humaine a des capacités limitées. Elle a des difficultés à entrer dans le domaine extrêmement délicat que seule la foi peut aborder, puisque les sens sont notre principal instrument pour appréhender ces phénomènes et le monde environnant. D’où l’axiome philosophique :« rien [n’est abordé] par l’intelligence avant de l’être par le sens ». Envisagé de ce point de vue théorique, tout miracle semble à l’homme sans foi comme un simple mirage ou comme un sortilège, tout au plus, comme un simple fait fortuit. Cependant, pour nous qui possédons le télescope de la foi, tout peut s’accomplir par le Seigneur et Législateur des lois naturelles ou par Ses saints, participants des charismes divins grâce à leur rapport divinisant au Seigneur. Ainsi, « tout est possible au croyant » sans toutefois que cette foi signifie crédulité. Chaque miracle dans notre Église a un prolongement dans l’éternité et vise principalement le profit de celui sur qui celui-ci s’opère ou d’autres personnes ayant besoin d’être soutenues dans leur vie, de trouver notamment la vie en Christ. Dès lors, les miracles opérés par le Chef de notre foi n’avaient pas pour but de lui procurer davantage de gloire que celle qu’il possédait naturellement ou celle que lui attribuaient ceux qui voyaient ses actes et écoutaient ses paroles, mais pour démontrer Sa véritable hypostase divino-humaine et enseigner que celui qui s’engage consciemment dansl a vie évangélique peut faire des œuvres « les plus grandes » pour édifier le corps de l’Église. Notre époque connaît des changements et des acquis scientifiques fulgurants, qui ressortissent, tous, au domaine des sciences naturelles. Il existe cependant une autre dimension, celle de l’Esprit, dont nous participons du fait d’être créés à l’image de Dieu et donc considérés par notre Père Créateur comme de petits dieux. Il arrive que nous soyons en proie au doute, allant même jusqu’à renier Dieu et le monde spirituel. Une telle tentation est dans notre nature et n’a rien de répréhensible, puisque nous partageons la maladie d’Adam notre ancêtre. Le risque réside dans le fait de refuser volontairement et opiniâtrement tout ce que nous ne pouvons pas – ou, le plus souvent, ne voulons pas – aborder, en craignant l’intervention restrictive de Dieu dans notre vie. Notre refus équivaut à nous prendre pour Dieu et à rester enchaînés, à l’instar de Prométhée sur le Caucase, par nos réflexions et nos facultés cognitives limitées. Lorsque nous sommes dans une pareille situation, livrons-nous à l’introspection, en y invitant Jésus. Rassemblons nos forces rationnelles pour voir notre main paralysée, prendre conscience de notre infirmité et prions :« Je crois, Seigneur, aide-moi dans mon incroyance ! » Notre Seigneur miséricordieux ne nous frappera pas inhumainement de ses foudres, mais comme une légère brise rafraîchira notre âme et nous dira : « Étends la main ! » Aussitôt notre main paralysée sera guérie, comme l’a été celle de millions de croyants à travers les siècles. Nous réitérons notre joie et notre émotion pour cette occasion bénie de vous rencontrer personnellement et de communier grâce à la divine liturgie célébrée en cette église aujourd’hui abandonnée mais qui n’a pas perdu son caractère sacré, comme enfants du même Père céleste. Nous L’implorons de dispenser Sa grâce de médecin des âmes et des corps à chacun de vous, à vos familles bien-aimées et à tout homme souffrant qui reçoit vos soins médicaux dévoués, ébauche du Seigneur lui-même, étant Son frère le plus petit et souffrant. Espérant à une prochaine rencontre, nous vous souhaitons bonne rentrée. Que Dieu soit avec vous !
Avant de regagner son siège, le Patriarche a rendu une visite de courtoisie au gouverneur de la province. Le 25 octobre 2005, le Secrétariat du Saint-Synode a diffusé le communiqué suivant : Aujourd’hui, mardi 25 octobre 2005, sous la présidence de Sa Sainteté le Patriarche œcuménique Bartholomaios 1er, le Saint-Synode a tenu une réunion extraordinaire pour examiner la question de l’Église de Chypre. Le métropolite Néophyte de Morfou, les évêques Basile de Trimythonte et Nicéphore de Kykkou, membres du Saint-Synodede la très sainte Église autocéphale de Chypre, s’étaient rendus au Phanar pour exposer le problème qui préoccupe le clergé et le peuple de cette Église territoriale, créé par la longue maladie de son primat, Sa Béatitude l’archevêque Chrysostome. Les prélats chypriotes avaient demandé conseil au premier siège de l’orthodoxie sur la façon de résoudre le problème. Après avoir délibéré, le Saint-Synode a décidé que l’Église de Constantinople devait examiner la question en profondeur, en tenant compte des pièces du dossier et des données canoniques, en collaboration avec tous les hiérarques de la très sainte Église autocéphale de Chypre qui seront prochainement invités au Phanar par Lettre patriarcale. Le jeudi 20 octobre, accompagné de l’archimandrite Elpidoforos, premier secrétaire du Saint-Synode, Sa Sainteté le patriarche œcuménique Bartholomaios 1er s’est rendu à l’hôtel Hilton pour inaugurer, par la prière d’usage et un discours, les travaux de la 9ème réunion de dialogue entre l’Église orthodoxe et l’équipe du parti populaire européen et des démocrates européens. La rencontre était organisée sur le thème : « Solidarité et coopération européenne, fondements rendant possible l’élargissement de l’Union. » Le Patriarche a ensuite béni le repas donné dans le même hôtel par le Patriarcat œcuménique en l’honneur des hôtes étrangers. Le soir, accompagné du deuxième diacre Maxime, Sa Sainteté le Patriarche a assisté au dîner donné par l’équipe du parti populaire européen et des démocrates chrétiens au restaurant Feriye. ACTUALITÉ
Le dimanche 9 octobre 2005, le premier anniversaire de l’élection de Sa Béatitude le patriarche Théodore II d’Alexandrie et toute l’Afrique au siège patriarcal de saint Marc a été célébré en toute solennité en l’église sous le vocable de saint Savva. La veille, samedi 8 octobre, Sa Béatitude a présidé les vêpres chantées au monastère patriarcal de saint Savvas leSanctifié, en présence d’hiérarques alexandrins. La divine liturgie patriarcale a été célébrée le dimanche en l’église patriarcale. Elle a été présidée par Sa Béatitude le patriarche Théodore assisté des métropolites du siège alexandrin venus de tous les coins du continent pour partager avec leur Primat la joie de cet anniversaire. Le métropolite Denis de Léontopolis a prononcé l’homélie, en vantant la personnalité aimante et les mérites du Patriarche. Dans sa réponse, Sa Béatitude a exprimé son émotion, remercié les hiérarques venus de leurs diocèses lointains pour célébrer avec lui, le clergé, les autorités diplomatiques, les communautés orthodoxes, grecques et arabes, et le peuple de Dieu, qui avaient rempli l’église pour féliciter le Patriarche d’Alexandrie. À l’issue de la célébration liturgique, accompagné des hiérarques, Sa Béatitude s’est rendu au palais de la communauté grecque d’Alexandrie pour présider la réception donnée pour les fidèles. Y ont aussi assisté les ambassadeurs de Grèce Panayotis Vlassopoulos, de Chypre Phédon Anastasiou, de Russie Alexander Hvykov, des présidents de diverses associations d’Alexandrie et du Caire et toute la communauté locale. Dans son allocution, Sa Béatitude a remercié ses hôtes de leur présence et a relaté l’histoire séculaire de l’Église d’Alexandrie, en soulignant que la présence de tant de fidèles à la cérémonie lui donne la force de travailler avec davantage de zèle pour le Siège de saint Marc à la gloire de Dieu. Le 28 octobre le Vatican Information Service a diffusé le communiqué de presse suivant : Mgr Giovanni Lajolo, secrétaire pour les relations avec les États, s’est rendu en Russie le 27 octobre 2005, répondant à l’invitation que M. Sergej Lavrov, ministre des affaires extérieures, avait adressée lors de sa rencontre au Vatican avec le Cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’État, le 7 juin dernier. Le prélat, qui visite ce pays pour la première fois, a été interviewé par le quotidien catholique Svet Evangelja. Nous proposons ci-dessous d’amples extraits : « Le but de ce voyage est d’approfondir la connaissance sur la position et l’avis du gouvernement russe à propos des différents problèmes internationaux et faire connaître le point de vue du Saint-Siège. À ce premier objectif s’ajoute le désir de rendre visite à Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, archevêque de Moscou, ainsi qu’à la communauté catholique moscovite pour lui apporter le salut affectueux et la bénédiction particulière du Saint-Père. » Puis, répondant à une question sur le rôle de la communauté catholique locale et le fait que les catholiques ne soient pas représentés dans le Conseil interreligieux de Russie ni à la Chambre publique en formation, l’Archevêque a répondu : « La communauté catholique des fidèles russes est « un petit troupeau », mais un petit troupeau pleinement russe, qui a une longue histoire marquée d’épreuves douloureuses, affrontées avec un courage de foi exemplaire. Sans vouloir en aucun cas modifier le poids des nombres, et dans la pleine reconnaissance du rôle de l’Église orthodoxe dans l’histoire de la nation russe, on ne peut transiger sur le principe d’« égale dignité », et d’« égale liberté ». Cela ne signifie en aucun cas une diminution de la position éminente de l’Église orthodoxe en Russie, mais que la communauté catholique russe doit pouvoir vivre et témoigner de sa propre foi religieuse, caractérisée par l’union avec l’évêque de Rome et avec l’Église universelle, dans le cadre des droits fondamentaux reconnus dans la Déclaration universelle des Droits de l’homme de 1948 et par la Convention internationale des droits civils et politiques de 1966. » « C’est précisément pour cela que j’espère qu’ils seront très prochainement représentés à la Chambre publique afin qu’ils aient la possibilité d’accomplir pleinement leur mission et collaborer à la maturation de la société russe, dont ils font partie, et dans le Conseil interreligieux russe pour développer tant le dialogue œcuménique entre les chrétiens que le dialogue interreligieux avec les fidèles des autres religions. » Puis, lors d’une autre interview accordée à l’agence Blagovest-Info, Mgr Lajolo a parlé des relations entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe russe, la plus nombreuse dans le monde orthodoxe, affirmant que les difficultés sont réciproques et sont surtout dues, selon lui, « à la douloureuse incapacité d’élaborer un langage commun pour affronter les différences et les résoudre ». « De toutes façons, l’Église catholique en Russie, unie à la Représentation pontificale de Moscou, est prête, depuis toujours, à examiner avec l’Église orthodoxe les motifs et les occasions des dissensions, parfois même des malentendus, pour essayer de les résoudre dans un esprit surnaturel. Je me souviens, avec plaisir, que même dans les moments difficiles, le canal de communication entre le Saint-Siège et le Patriarcat de Moscou ne s’est jamais fermé. » Parlant enfin de la possible visite du Pape en Russie, le Secrétaire pour les relations avec les États a reconnu que cette visite « serait un événement œcuménique très significatif et important » et que « elle devrait être préparée avec beaucoup d’attention dans tous les détails ». Comme l’a dit le Cardinal Angelo Sodano, Secrétaire d’État, il y a quelques mois, une telle visite, revêtant un caractère principalement spirituel, devrait représenter une occasion de joie et d’espérance non seulement pour les catholiques, mais pour toute la Russie y compris les autres croyants chrétiens et les fidèles des autres religions. « Je ne pense pas que Benoît XVI fasse une visite qui, au-lieu de contribuer à une plus grande compréhension et concorde avant tout dans le camp chrétien, puisse être l’occasion de tension et de mécontentement. »
Le Saint-Synode de l’Église de Grèce a organisé, le 22 octobre au musée militaire d’Athènes, une journée scientifique sur « Les problèmes du mode de vie dans les grands centres urbains ». Sa Béatitude l’archevêque Christodoulos d’Athènes et de toute la Grèce a inauguré les travaux. La journée était coordonnée par le métropolite Euthyme d’Achéloos, président de la commission synodale pour l’économie et l’écologie divine et politique, chargée de l’organisation. Dans son discours, Sa Béatitude l’Archevêque d’Athènes a dit : « Nous vivons dans un monde grouillant, populeux et impersonnel où au dialogue se substituent des slogans tous azimuts, perdu dans son ivresse de massification et de dépersonnalisation, dominé par le sentiment du troupeau. » Les villes « explosent », par la création de nouveaux complexes urbains ou de systèmes de milliers d’habitants. Les mots « grands centres urbains »,« mégalopole », etc., font partie de la terminologie mondiale. Les villages se dépeuplent sans cesse, alors que l’urbanisation de la planète connaît un accroissement fulgurant. Nous qualifions notre époque de siècle de la vitesse ou de la conquête de l’espace. Il serait toutefois préférable de dire « siècle des villes », car notre civilisation, comme dit Hoesli « est indubitablement une culture urbaine », a-t-il encore souligné. Un tel phénomène, a-t-il poursuivi, ne doit pas être ignoré par l’Église et sa théologie qui, en mère affectueuse, réfléchit et veille sur ses enfants. Elle se préoccupe, car non seulement le phénomène a des retombées tant sur les croyants que sur l’institution et les structures de l’Église, mais aussi car l’« urbanisation »,en tant que phénomène historique et socioculturel d’envergure universelle, constitue un signe des temps. L’Église et sa théologie ont pour tâche et mission d’interpréter les signes de l’histoire car, par leur truchement, Dieu parle, et écouter « ce que l’Esprit dit aux Églises » (Ap 2, 7).« Dans le phénomène d’urbanisation coexistent d’éléments positifs et négatifs, et cette caractéristique s’observe aussi dans le domaine religieux. Or, l’urbanisation ne cause pas seulement des courants de différenciation et de dépolarisation religieuse, mais procure aussi de nouvelles chances de renouveler la vie chrétienne, et de renforcer l’Église et Son œuvre », a-t-il conclu. Les exposés présentés au cours de la journée ont été les suivants : - Les mégalopoles en tant que problème écologique : examen global du problème, survol historique, causes, principales caractéristiques, retombées générales. Orateur : métropolite Euthyme d’Achéloos.
- Retombées religieuses. Problèmes dans la relation entre l’homme et Dieu, entre religion et fidèles. Orateur : professeur Évangélos Théodorou.
- Retombées psychologiques. Problèmes de caractère anthropologique et psychologique. Oratrice : Mme Euthymia Sygollitou, professeur de psychologie de l’environnement à l’université de Thessalonique.
- Retombées sociales. Problèmes de mentalité, de comportement et d’action, au niveau interpersonnel et social. Orateur : professeur Apostolos Nicolaïdes.
- Le changement planétaire observé dans l’environnement atmosphérique. Problèmes d’équilibres écologiques, d’alimentation et de santé des citoyens. Orateur : professeur Christos Zéréfos.
- L’environnement urbain viable. Orateur : M. Michel Dekleris, président émérite du Conseil d’État de Grèce et président de la Chambre de l’environnement.
Communiqué diffusé par le bureau de presse du Saint-Synode. Les Églises chrétiennes de Suisse ont donné le 4 octobre 2005 à Berne une conférence de presse. Selon le communiqué diffusé à l’issue de la conférence, la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS) et la Conférence des évêques suisses (CES), soutenues par les membres de la Communauté de travail des Églises chrétiennes en Suisse (CTEC-CH), s’engagent résolument pour la protection du dimanche dans leur document commun « Protégeons notre dimanche, resserrons les liens de notre communauté », en vue de la votation du 27 novembre 2005 sur l’initiative parlementaire : « Heures d’ouverture des commerces dans les centres de transports publics. » Elles ont présenté à un large public, dans une conférence de presse, leur brochure : « Protégeons notre dimanche, resserrons les liens de notre communauté – Une contribution œcuménique des Églises à propos de la révision de la loi sur le travail. » La brochure, qui en est déjà à sa troisième édition, rencontre un grand écho, et à la conférence de presse du 4 octobre 2005 à Berne a été présenté un dépliant qui l’accompagne désormais. Ce dépliant est destiné à soutenir la campagne des Églises. Ce texte commun dépasse la simple prise de position à propos de la révision de la Loi sur le travail demandée par l’initiative parlementaire. Il constitue bien davantage, une nouvelle étape concrète dans l’application de la « Charta Œcumenica ». La FEPS et la CES n’ont cessé de s’exprimer, dès les années 1980, sur la valeur du dimanche ; en 2001, dans le « Message des Églises », elles soulignaient le nécessaire équilibre entre repos et travail. Aujourd’hui, brochure et dépliant sont destinés à lancer le débat sur la position qu’occupe le dimanche, et qui va bien au-delà de l’initiative parlementaire et des activités internes de l’Église. La valeur du dimanche relève des thèmes les plus centraux des Églises chrétiennes. En lui s’unissent, indissociablement, communauté sociale et communauté avec Dieu. L’élément déterminant, pour le président du Conseil de la FEPS Thomas Wipf, c’est l’espace de temps simultané qu’offre le dimanche. « Que le dimanche vienne à manquer, et il manquera, dans la famille, entre les amis, dans l’Église, dans l’association, ces personnes à qui précisément le dimanche vient à manquer. Il n’existe pas de compensation pour une telle perte. Une politique réfléchie, toujours plus consciente des risques de perte des liens communautaires, ne devrait pas mettre en danger le dimanche, principale institution de cohésion sociale. » L’évêque Pierre Bürcher de son côté a rappelé le droit humain au libre exercice de la religion. « La protection actuelle du dimanche dans la Loi sur le travail ouvre une fenêtre temporelle aux cultes dominicaux et activités des Églises, et garantit aux travailleuses et aux travailleurs la possibilité d’y prendre part. » De l’avis de la FEPS et de la CES, l’argument des partisans de l’initiative, pour qui le travail du dimanche est volontaire et pourrait être compensé par des congés, suppose une liberté de volonté qui n’existe pas. Le travail de dimanche sera libre pour les travailleurs à condition que le refuser ne constitue pas un motif de licenciement ou la cause d’autres désavantages. Une société moderne se doit de reconnaître le dimanche comme un bien précieux. Les valeurs centrales qui lui sont attachées vont bien au-delà du domaine religieux. Ce sont elles que les Églises défendent. L’Alliance évangélique suisse (AES) pour sa part, oppose un non catégorique à la loi, dans laquelle elle voit une étape supplémentaire vers la transformation du dimanche en jour de travail normal. La possibilité de faire ses courses le dimanche ne correspond à aucune nécessité absolue, estime-t-elle. PARUTIONS
C’est le troisième volume d’un manuel, devenu classique, du mouvement œcuménique (1968-2000), édité par le Conseil œcuménique des Églises.
- Tome I (1517-1948) Londres, 1954, pp. I-XXIV. 1-822. Collaborateurs orthodoxes : Georges Florovsky – Nicolas Zernoff. Recension-Analyse de B.Istavridis, Orthodoxia 29 (1954) 341-347. 30 (1955) 141, 248-251, 408-410. En anglais aussi.
- Tome II (1517-1948) Londres, 1970, pp. I-XVII. 1-822. Collaborateur orthodoxe : Basile Istavridis (voir : tome III, couverture) etre cension-analyse par le même, Theologia 44 (1973) 425-431. En anglais aussi.
Les dites recensions constituent la base de départ de la présente note.
- Tome III, Collaborateurs orthodoxes : Georges Tsetsis, Stylianos S. Harakas, Théodore Sabev.
Nul de ceux qui avaient collaboré au premier tome ne participe au troisième. Alors que deux collaborateurs du deuxième, Lukas Vischer et Hans-P.Weber, ayant exercé des fonctions de directeur et de président des comités ou des sections du COE, des enseignants universitaires et des auteurs,apparaissent ici. Les auteurs sont choisis parmi les personnalités les plus renommées dans leur spécialité. Ce sont des personnes qui ont consacré leur vie et leurs écrits au mouvement œcuménique dans ses diverses formes, des présidents de sections ou des secrétaires dans les divers conseils, des secrétaires généraux du COE, des technocrates, des professeurs, des officiels (dignitaires), des journalistes, etc., de toute origine nationale et appartenant à plusieurs Églises et communautés. L’objet de la recherche est une Histoire du Mouvement œcuménique, au sens large, de sa création à nos jours. Les facteurs géographique et confessionnel sont pris en considération. Certains textes continuent et complètent des chapitres similaires des deux précédents volumes. D’autres sont cependant entièrement nouveaux. Ils concernent l’histoire de l’Église, l’histoire de personnalités, des instituts de toute nature et d’idées. Ils suivent aussi l’histoire politique, l’histoire de la philosophie, la critique des idées et de l’histoire. Le passé, le présent et l’avenir sont présentés. L’esprit critique est très présent, ainsi que la grande préoccupation concernant la marche du Mouvement œcuménique et du Conseil œcuménique des Églises au XXe siècle. La prospective tient aussi une place importante. Les chapitres, de taille très variée, sont si bien écrits que le lecteur ou le chercheur a de la peine à procéder en l’occurrence à une comparaison, du point de vue de leur caractère exhaustif et de leur qualité. Ils apparaissent comme des documents complets et complémentaires. Couvrant la période de 1968 à 2000, le volume comprend quatre parties : la première se rapporte aux développements généraux dans le domaine du mouvement œcuménique ; la deuxième à la problématique plus spécifique du mouvement et à ses organes institutionnels ; la troisième, aux relations interchrétiennes au niveau régional ; la quatrième, à l’avenir de ce mouvement et du COE. Presque cinq ans se sont passés depuis les célébrations organisées pour fêter le jubilé de la naissance de notre Seigneur Jésus Christ. Parallèlement à ces célébrations, nous assistons à la parution de plusieurs ouvrages de caractère théologique. La publication de ce troisième volume de l’Histoire du Mouvement œcuménique (1968-2000) en constitue un exemple. Comme je l’ai déjà dit, ce livre est une histoire du mouvement œcuménique. C’est, en même temps, l’histoire des Églises chrétiennes, des personnes, des institutions, des événements, etc. au sens large. Les auteurs qui ont contribué à l’ouvrage sont considérés les plus compétents pour les questions examinées. Les exposés sont complets et complémentaires. En ce qui concerne la langue, la trame, l’objectivité et la rigueur scientifique, ce livre a la forme d’un travail achevé. En le lisant, le lecteur, quel qu’il soit, redevient élève. En un mot : "il s’instruit!" Samedi, 25 décembre 2004 La Nativité de notre Seigneur Jésus Christ Basile Th. Istavridis
| 36ème Année - N°653 31 octobre 2005
PATRIARCAT œcuménique
Election d'un nouveau métropolite au diocèse orthodoxe de Nouvelle Zélande Discours du Patriarche Bartholomaios au congrès médical organisé en Cappadoce sous les auspices du Patriarcat oecuménique Communiqué du Saint-Synode sur la question de l'Eglise de Chypre Dialogue de l'Eglise orthodoxe avec une équipe du parti populaire européen et des démocrates européens
ACTUALITÉ
Premier anniversaire de l'élection du patriarche d'Alexandrie Canal de communication entre Saint-Siège et Moscou Journée scientifique de l'Eglise de Grèce sur les problèmes du mode de vie dans les grands centres urbains Suisse : Les églises unies pour protéger le dimanche, principale institution de cohésion sociale
parutions
John Brigss. Mery Oduyoye, Georges Tsetsis, Eds., A history of the ecumenical movement, Vol.3, 1968-2000, Geneva : WCC, 2004, PP.I-XIX, 1-697. |